
1 janvier 2026
Botanique, entomologie et histoire géologique en robes printanières …
Deux sorties à thème multiple organisées par J. Béguinot accompagné de plusieurs botanistes de la Shnc
Profitant d’un Avril 2026 exceptionnellement ensoleillé, deux petites sorties [dédoublées en quatre pour satisfaire les agendas variés des participant(e)s] ont donné l’occasion de marier harmonieusement botanique et histoire géologique aux proches environs du Creusot. Sans oublier l’entomologie, qui a même offert les plus belles découvertes.
D’abord, en aval même de l’Etang barré du Martinet, le long du sentier horizontal à flanc ouest du vallon, rencontre (entre autres sujets) d’un bel éboulis naturel dit « cryoclastique », ainsi qualifié étant issu de la fracturation de la bordure de la couche de grès couronnant le Plateau, en suite de la longue succession de gels-dégels répétés, au fil des nombreux millénaires des Grandes Glaciations préhistoriques. Eboulis depuis moutonnés par les coussins « laineux » typiques des Cladina gr. arbuscula (lichens ‘arborescents’) et Rythidium lanuginosum (mousse vraiment inféodée à ce type de milieu). Avec, non loin, une rencontre entomo intéressante : un gentil couple de Méloé violet, indiscrètement surpris ‘in copula’, avec - plus inattendu encore - des micro-larves de diptère commensales sévissant aux marges des tergites de l’abdomen opulent de la femelle (nous indique Pierre K.). Par ailleurs, des placettes anciennes de charbonniers, témoignages encore bien distincts d’un artisanat forestier du début du siècle dernier.
Ensuite, au Creusot même, petit parcours dans le bois dit du « Bois-Joli », dominant - et de bien haut - la rue du Dr Rebillard (ex-route d’Epinac) – laquelle rue suit étroitement le passage de la Grande Faille Permienne, but premier de la partie histoire-géologique de la balade. Faille majeure qui nous renvoie, cette fois, à plus de 250 millions d’années en arrière, lors du grand effondrement régional (verticalement sur plus d’un kilomètre ! - et que marque encore, ici, un brutal dénivellement d’une bonne quarantaine de mètres. Tout en haut, subsistent encore, par endroits de petites émergences rocheuses à pan vertical (traces de petites failles secondaires) témoignant modestement mais significativement du grand chambardement d’alors (et dont plusieurs origines explicatives ont été données successivement par les spécialistes, la dernière étant par définition la « bonne » !). En bord du sentier, rencontre entomo également intéressante : la chenille d’un petit papillon minant (surtout) les feuilles de merisier, lesquelles feuilles lui sont à la fois nourriture et habillement, car la chenille s’enveloppe toujours d’une petite portion du limbe, cousue – et plus exactement collée avec le ténu fil de soie qu’elle sécrète en secret : Coleophora hemerobiella (pour les intimes), espèce jusque-là non encore signalée en Bourgogne – et dont Le Creusot, et le Bois-Joli plus particulièrement, constitue donc la première villégiature bourguignonne attestée. Bienvenue donc dans la cité des Schneider qui, une fois de plus, démontre sa riche biodiversité, à rebours d’une fallacieuse réputation, bien imméritée, quoiqu’encore propagée il y a peu.
Une autre sortie au Creusot sur le chemin des Diligences a permis à quelques jeunes du SESSAD( Service d'éducation spéciale et de soins à domicile) de découvrir qu’en se promenant le long d’un chemin on pouvait faire de nombreuses découvertes. Nous avons pu observer les premières fleurs de printemps : Véronique, Pissenlit, Aliaire (qui sent bon l’ail), la Stellaire, le Gaillet gratteron (qui s’agrippe sur les vêtements) ; mais aussi reconnaître quelques feuilles d’arbres et leurs parasites.
Ces quelques heures très ensoleillées ont été appréciées des enfants qui sont repartis avec le projet de faire un herbier.
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