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Sauver les Blaireaux

Virginie Boyaval, naturaliste, éthologue, présidente de l’association Meles

16 mai 2026

Cette conférence a été proposée dans le cadre de la journée mondiale des Blaireaux, le 15 mai. Cette date correspond à l’ouverture de la saison du déterrage et a pour but d’alerter sur cette pratique cruelle et inutil



Virginie est une éthologue de terrain ; elle a suivi plusieurs familles sur plusieurs années dans la forêt de Compiègne, étudiant leur devenir, réussissant à les différencier les uns des autres par la forme de leur tête, de leurs oreilles, par la disposition des bandes noires si caractéristique de cette espèce, mais aussi par leurs comportements ( l’aventurier, le timide , le bagarreur…)

Riche de ces observations dont elle a tiré plusieurs films animaliers, elle intervient dans les écoles, et les associations.

Elle recueille aussi dans un centre spécialisé les animaux blessés et les orphelins avant de les relâcher dans le Nature.


Pour pouvoir avoir l’espoir et la chance d’observer le Blaireau, certaines conditions sont indispensables : s’asseoir au pied d’un arbre, tout à fait immobile ( le Blaireau n’a pas une bonne vue, il ne fera guère la différence avec une souche), se placer dans le sens du vent (il a un odorat 700 fois plus efficace que celui de l’Homme). Un affût de plusieurs heures est souvent nécessaire.

Il sort du terrier à la tombée de la nuit, mais les blaireautins peuvent s’aventurer à l’extérieur une à deux heures plus tôt.

Il se nourrit de vers de terre (jusqu’à 200 par nuits) qu’il déterre d’un coup de griffe après les avoir repérés à l’odeur, mais aussi de limaces, d’escargots…c’est un animal fouisseur.

Son terrier principal peut comprendre jusqu’à 40 entrées (ou gueules) et s’étendre sur 2000m2 , il peut être occupé aussi par un renard, un lapin, des chauves-souris en bonne cohabitation ; mais aussi par une louve en quête d’un lieu pour mettre bas ; dans ce cas, la blairelle préfère changer de terrier.

Sa présence est reconnaissable par des indices : des poils blancs et noirs à l’entrée et sur les fils barbelés souvent proches, de la litière en train de sécher en aux premiers rayons du soleil de printemps, des empreintes plantigrades caractéristiques (5 doigts munis de griffes), des griffures sur les troncs d’arbres, des « pots » où sont déposés les excréments.


Pourquoi est-il chassé avec tant de férocité ?

Le Blaireau a une mauvaise image : on l’accuse de propager la tuberculose bovine, d’être « trop nombreux », de causer des dégâts dans les champs de maïs, de creuser des terriers sous les voies ferrées, sous les champs pouvant être à l’origine d’effondrements…

Sa chasse est autorisée du 15 septembre au 15 janvier + une période complémentaire décidée par la préfecture. Le tir étant interdit, on pratique la vénerie sous terre qui consiste soit à creuser jusqu’à 5 m pour les extraire du terrier. Cette pratique détruit complétement un habitat incroyable et les autres espèces qui l’occupent.

D’autres méthodes peuvent être employées telles que le piégeage par un collet qui s’apparente souvent à du braconnage et donc totalement interdit

À noter que la Belgique, l’Espagne, le Portugal interdisent ce déterrage, la France fait figure d’exception.

La cohabitation est possible, il existe des solutions telle que l’utilisation d’un répulsif et la lutte contre la tuberculose bovine par différents moyens existants

Ce prélèvement est de plus contre-productif car le vide laissé par la destruction de toute la famille, sera vite comblé par un autre animal.


Que faire si vous trouvez des blaireautins ?

Voir un jeune Blaireau en pleine journée indique un animal en souffrance : orphelin, affamé, traumatisé.

Il faut alors le mettre au chaud avec une bouillotte, le rassurer ( gratouiller le flanc et imitant le cri de la mère, pas facile !) lui donner éventuellement de l’eau sucrée, mais PAS de lait de vache ; mais surtout, contacter au plus vite un centre de soins :

MELES : 06 24 94 35 09

Centre ATHENAS : 03 84 24 66 05 ; centre@athenas.fr


Photos: D. Magnien , V. Boyaval


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