Les âmes de la Louvetière

Sortie naturaliste du samedi 5 février 2022 sur le site boisé de la Louvetière, sur la commune de Broye (71).

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Samedi 5 février 2022, sur le site boisé de la Louvetière : un beau soleil illumine la nature et, même s’il fait un peu frais, une vingtaine de randonneurs et randonneuses de la Société d'Histoire Naturelle du Creusot attendent le signal de départ. Au programme ? «Se retrouver aux temps passés», le temps d’une balade naturaliste de 5km et… peut-être, rencontrer les «âmes de cette forêt».

 

Nos anciens vous le diront : les forêts et les taillis sont toujours empreints de mystère… Animaux s’esquivant furtivement, pierres énigmatiques, sources au vertus magiques, ruisseaux et cascades abritant quelque elfe ou fée se rendant invisibles aux yeux des non-initiés… Ames surgies du passé… Imaginons tout simplement revenir en 1850…Et rencontrer les habitants de cette contrée « hospitalière », nous accueillant, debout sur le seuil de leur maison ou de leur atelier.

 

Le circuit de découverte agrémenté de nombreux panneaux pédagogiques, a été inauguré le 13 juin 2015. Il fut réalisé conjointement par la Commune de Broye et l’A.M.U.R.*

L’un de nos premiers arrêts se situe au niveau d’un amas de blocs de pierres métamorphiques entassées : «le gneiss de Montjeu» dont la formation remontrait à 450 millions d’années environ. Le Morvan nous rappelle ainsi qu’une collision continentale a eu lieu avec émergence de chaîne montagneuse. Nous admirons en passant, le ruisseau de la « Papeterie » ainsi nommé puisqu’avant 1860, ses eaux alimentaient une papeterie située en contrebas.

 

D’autres arrêts assez prolongés nous permettent d’écouter avec attention, les explications données par notre guide. Bien souvent, les traces des maisons ayant existé en ces lieux (au temps où le loup hantait les fourrés), se résument à quelques pierres ou avec un peu de chance, une cave explorée par de courageux Barboulottins… A proximité, nous remarquons un puits et un four banal. Les murs étaient épais (50cm) et constitués de pierre, de torchis.

Le toit fragile était souvent recouvert de roseaux, de genêts. Les habitants des divers lieux investis lors de notre promenade (Forêt de Préau, Maison-Rouge, Petite forêt, la Levrière, Vernes de Lyre etc.) y exerçaient leur métier de cultivateur, éleveur, (propriétaires souvent pauvres), bûcheron, charbonnier, artisan (tisserand, sabotier, sellier, bourrelier), garde du château, berger, journalier, couturière, sage-femme, rentier … Des saules têtards (ou utilisés pour plessage) attirent aussi notre attention.

 

Le mur du parc du château de Montjeu limite notre progression. Nous repartons en direction des Vernes de Lyre pour une seconde partie de parcours qui nous conduira jusqu’à la « Cave au renard », bel ensemble  de ferme (avec soue à cochon, poulailler, atelier, jardin etc.) puis à la maison dite « du Chinois ». Nous rencontrerons aussi un nid de troglodyte mignon, plusieurs variétés de fougères, parfois rares en nos régions (Polystichum aculeatum, Polystichum lonchitis…), une belle plante appelée « scolopendre », un champignon astraeus hygrometricus qui se referme par temps sec, divers lichens et mousses.

 

Des animaux ont aussi laissé des traces ou empreintes : renard, sanglier, chevreuil, blaireau et … Canidé. Nous ne verrons ni les chauves-souris, ni les martres et les oiseaux ont préféré rester discrets. Après 1860, suite à l’industrialisation de la région, ces lieux furent abandonnés. Nous quittons avec émotion, ce « passé » où nous avons pu sans nul doute un instant retrouver, les âmes de la Louvetière. 

*AMUR : Arroux-Mesvrin-Uchon Randonnées.
 

Empreinte de canidé
Mur du parc du château de Montjeu près de la Levrière
La maison dite « du Chinois »
Fougère assez rare dans notre région
Dans le bois de la Louvetière, près du ruisseau
Forêt de Préau
Notre groupe en fin de randonnée