Histoire géologique et patrimoine industriel : au Creusot c’est tout un !

Journée du Patrimoine le samedi 17 septembre 2022

Une sortie animée par Jean Béguinot

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Photo  P. Kolowski


Longtemps resté un menu hameau agricole, végétant à l’ombre tutélaire de la noble cité de Montcenis, Le Creusot a connu, subitement, en quelques décennies seulement, une célébrité devenue rapidement mondiale, à partir du milieu du XIXème siècle.
Miracle ? Non. Bonne fortune ? Oui.
Depuis des centaines de millions d’années en effet, le terroir régional "préparait" le possible succès industriel qui reste attaché désormais au Creusot : excellent charbon au Creusot même et, pas si loin de là, minerai de fer (heureusement pimenté naturellement que quelques éléments chimiques additionnels très appréciables) gisant caché sous les calcaires des côtes vigneronnes voisines.
La commune du Creusot est donc véritablement née de son terroir profond ! En quelque sorte longuement enfanté au sein des fécondes entrailles de son sol…
Ici donc, dissocier épopée industrielle (universellement reconnue) et histoire géologique locale n’aurait pas de sens. Si bien qu’une "balade patrimoine" au Creusot qui s’en tiendrait seulement au Parc et Château de la Verrerie ainsi qu’aux (hélas ?) plus que discrets témoignages subsistants de la prestigieuse aventure métallurgique du Creusot – aussi intéressante qu’elle soit bien sûr – demeurerait cependant comme orpheline si on ne commençait pas par partir à la découverte des témoignages de l’histoire profonde de son terroir, depuis quelque 400 ou 300 millions d’années…
C’est pourquoi notre petite excursion creusotine en ce week-end "Patrimoine" de mi-septembre 2022 commençait aux ‘Haut des Combes’, à la découverte, d’abord, des quelques témoignages rocheux évocateurs des hautes cimes qui dominaient la plaine marécageuse du Creusot, il y a trois millions de siècles. Cimes dont les pentes torrentielles enfouissaient périodiquement les hautes forêts de l’époque, préparant ainsi les riches gisements charbonneux de la future ‘Plaine des Riaux’. Puis les impressionnantes failles béantes de la "Montagne des Craques" (la bien nommée !) – témoignages étonnants et suggestifs de la vidange des épaisses couches de charbon sous-jacentes, au long des premières décennies d’exploitation.
Quant au patrimoine industriel de la Plaine des Riaux, force fût de recourir à l’imagination des excursionnistes (aidée par quelques photos d’époque), tant la mise en évidence des témoignages résiduels de l’activité fébrile, bruyante et enfumée d’autrefois ressortit désormais plutôt à "l’investigation archéologique". Même si subsiste encore au moins deux témoins "de poids" : les deux gigantesques culots de fonte, subsistant au fond de deux des hauts fourneaux après vidange du dernier creuset, il y aura de celà bientôt un siècle…
 

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Base d'une des tours de réchauffage ("cowper")de l'air injecté à la base du
                                                                            haut fourneau.

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Culot de fonte souvenir de la dernière coulée (fin des années trente?)

Trois des grands haut-fourneaux du Creusot (dans les années trente), entourés de leur kyri


Trois des grands haut-fourneaux du Creusot (dans les années trente), entourés de leur kyrielle de tours de réchauffage d’air (‘cowper’), le tout situé à l’emplacement de l’actuel amphithéâtre et le parking du tunnel

 

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Une des nombreuses craques, témoins des conséquences de l’exploitation du charbon. Lorsque l’on exploitait des couches de charbon (20m d’épaisseur),  se créaient des vides qui n'étaient pas toujours comblés. Parfois, le sol s’effondrait. et bruit de dislocation était surtout audible, la nuit. D'où le nom de "Montagne des Craques".

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